Avant de parler d’outil, il faut savoir ce qui se passe réellement. Pas ce qui est censé se passer : ce qui se passe. Voici l’atelier que nous animons en ouverture de projet, et que vous pouvez conduire vous-même.
Ce qu’il faut réunir
Trois à six personnes, celles qui exécutent le processus, pas seulement celles qui le supervisent. Un mur, des post-it, deux heures et demie. Aucun ordinateur pendant la première heure.
Étape 1 — Suivre un cas réel, du début à la fin
Choisissez une commande, une affaire ou un dossier des quinze derniers jours. Chaque participant décrit ce qu’il en a fait, dans l’ordre. Un post-it par action, avec le nom de l’outil utilisé.
Étape 2 — Marquer les points de douleur
- Un rond rouge sur chaque ressaisie d’une information déjà connue.
- Un rond orange sur chaque attente (validation, réponse, document manquant).
- Un rond bleu sur chaque contrôle fait « au cas où », par manque de confiance dans la donnée.
Étape 3 — Compter
Additionnez les minutes de chaque post-it rouge, multipliez par le volume mensuel. Le chiffre obtenu est votre budget d’automatisation raisonnable, et c’est souvent la première fois qu’il est posé noir sur blanc.
Un processus que personne ne sait dessiner en entier est un processus que personne ne maîtrise.
Étape 4 — Choisir un seul chantier
Prenez le point rouge le plus lourd et traitez-le. Un projet qui prétend tout résoudre d’un coup ne sera jamais livré ; un chantier qui supprime une ressaisie quotidienne est acquis en quelques semaines.


